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A hard day’s night
Voix off : Le jeu : on dit qu’une personne a tous les atouts en main ou qu’elle n’a rien. Ma mère était une des meilleures. Moi, par contre… je suis mal partie.
Voix off : Comme je l’ai dit, je suis mal partie.
Voix off : je ne vois aucune raison qui me pousse à devenir chirurgien. Mais j’en vois des milliers qui me poussent à abandonner. Ils nous malmènent intentionnellement. On a des vies entre nos mains. Puis vient le moment où c’est bien plus qu’un jeu. Et là, soit on fait un pas en avant, soit on tourne le dos et on s’en va. Je pourrais abandonner mais voilà le problème… j’adore l’arène….
Donc j’ai survécu à ma première garde. On a tous survécu. Les quatre internes sont des gens bien, ils te plairaient, je crois. Je ne sais pas, peut-être… Je les aime bien.
The first cut is the deepest
Voix off : Il est toujours question de lignes. La ligne d’arrivée à la fin de l’internat… attendre en ligne d’être appelé à la table d’opération… Et il y a la ligne la plus importante, celle qui vous sépare des gens avec qui vous travaillez. Ça n’apporte rien de bon d’être trop intimes, d’être amis. Il faut mettre des limites entre vous et le reste du monde. Les adultes sont bien trop compliqués. Il est toujours question de lignes. Tracer des lignes dans le sable et prier très fort pour que personne ne les franchisse.
Voix off : A un moment, il faut prendre une décision. Les frontières n’empêchent pas les autres d’entrer. Elles vous enferment. La vie est compliquée. C’est comme ça. On peut gâcher sa vie à tracer des lignes ou on peut vivre sa vie en les franchissant. Mais il y a certaines lignes qui sont beaucoup trop dangereuses à franchir. Voilà ce que je sais. Si on est prêt à prendre le risque, la vue de l’autre côté est spectaculaire.
Winning a battle, losing the war
Voix off : On vit au service de la chirurgie 7 jours par semaine, 14 heures par jour. On est plus souvent ensemble que séparés. Au bout d’un moment, les règles de l’hôpital deviennent des règles de vie.
N°1 : toujours marquer des points. N°2 : faire tout ce qu’on peut pour être meilleur que l’autre. N°3 : ne pas devenir ami avec l’ennemi. Oh et n° 4 : tout, absolument tout est compétition. Celui qui dit que gagner n’est pas tout n’a jamais tenu un scalpel
Voix off : Il y a une autre manière de survivre à la compétition, une manière dont personne ne vous parle, qu’on doit découvrir par soi-même. N° 5 : il ne s’agit pas de la course. Pas du tout. Il n’y a ni vainqueurs ni perdants. Les victoires se comptent en nombre de vies sauvées. Et parfois, si vous êtes malin, la vie que vous sauvez peut être la vôtre.
No man's land
Voix off : L’intimité est un mot de 4 syllabes qui signifie : "Voici mon cœur et mon âme. Faites-en du steak hâché et dégustez." On la désire et on la craint, c’est difficile de vivre avec et impossible de vivre sans. L’intimité est indissociable de 3 catégories de personnes : la famille, les amoureux et les colocataires. Il y a certaines choses qu’on ne peut éviter et d’autres qu’on voudrait ne pas connaître.
Voix off : J’aimerais qu’il y ait un guide de l’intimité, une sorte de manuel qui nous dise quand on va trop loin. Ce serait bien si on pouvait anticiper ce moment. J’ignore comment délimiter ça sur un plan. On est intime avec qui on peut. Et on fait tout pour que cela dure le plus longtemps possible. Pour ce qui est des règles, peut-être qu’il n’y a en a pas. Peut-être que les règles de l’intimité, il faut les définir pour soi-même.
Shake your groove thing
Voix off : Vous vous rappelez, quand vous étiez petit ? Votre plus grand souci était de savoir si vous auriez un vélo pour votre anniversaire ou des cookies au petit déjeuner. Etre adulte, ce n’est pas si bien que ça. C’est vrai, ne vous laissez pas avoir par les belles chaussures, le sexe ou le fait de ne plus avoir vos parents sur le dos. Etre adulte, c’est avoir des responsabilités. Les responsabilités, ça craint. Ça craint vraiment. Les adultes doivent faire des choses, gagner leur vie, payer le loyer… et, quand on est interne en chirurgie, tenir un cœur entre ses mains. Bonjour la responsabilité ! A côté de ça, le vélo et les cookies, c’est de la rigolade, non ? Le plus angoissant en matière de responsabilité ? Quand vous vous plantez et que tout vous glisse entre les mains.
Voix off : Les responsabilités, ça craint vraiment. Malheureusement, une fois que vous avez passé l’âge des appareils dentaires, les responsabilités ne disparaissent pas. Elles ne peuvent pas être évitées. Soit on nous met face à elles, soit on en subit les conséquences. Etre adulte, ça a aussi des avantages. Les chaussures, le sexe, pas de parents sur le dos. C’est vraiment génial !
If tomorrow never comes
Voix off : Benjamin Franklin révéla au monde le secret de sa réussite : "Ne jamais remettre au lendemain ce qu’on peut faire aujourd’hui". C’est lui qui a découvert l’électricité. On devrait être plus nombreux à suivre ses conseils. J’ignore pourquoi on reporte les choses. Mais en y réfléchissant, je dirais que ça a beaucoup à voir avec la peur… la peur d’échouer, de souffrir, d’être rejeté. Parfois, c’est juste la peur de prendre une décision. Et si vous vous trompiez ? Et si vous faisiez une erreur que vous ne pourriez réparer ? Quelque soit ce qui nous fait peur, une chose est sûre. Quand la souffrance de ne pas faire quelque chose est plus grande que la peur de faire, c’est comme avoir une énorme tumeur.
Voix off : Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt. Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras. Celui qui hésite est perdu… On ne peut pas dire qu’on ne nous a pas prévenus. On a tous entendu les proverbes, les philosophes, nos grands-parents nous dire de ne pas perdre de temps, les poètes nous recommander de saisir l’instant présent. Pourtant, parfois, on doit voir par nous-mêmes. On doit faire nos propres erreurs. On doit en tirer nos propres leçons. On doit continuer à remettre les choses au lendemain jusqu’à ce qu’on ne puisse plus le faire, jusqu’à ce qu’on comprenne par nous-mêmes ce que voulait dire Benjamin Franklin. Qu’il vaut mieux savoir que de rester dans le doute. Qu’il vaut mieux être éveillé que dormir. Et que même le plus gros fiasco, même la pire ou la plus grave erreur, vaut cent fois mieux que de ne jamais rien tenter.
The self destruct button
Voix off : Si quelqu’un vous dit que vous pourrez dormir quand vous serez mort, dites-lui de venir me voir après quelques mois en tant qu’interne. Bien sûr, il n’y a pas que le travail qui tient éveillé toute la nuit. La vie est assez difficile. Alors pourquoi s’attirer davantage de problèmes ? Pourquoi appuyer sur le bouton d’autodestruction ?
Voix off : Peut-être qu’on aime la douleur. Peut-être qu'on est fait comme ça. Parce que sans elle, je ne sais pas, peut-être qu’on ne se sentirait pas vivant. Comment dit-on ? "Pourquoi continuer à se taper dessus avec un marteau ?" Parce que ça fait tellement de bien quand on arrête.
Save me
Voix off : Vous vous souvenez de votre enfance, quand vous croyiez aux contes de fées ? Vous faisiez des rêves sur ce que serait votre vie… la robe blanche, le prince charmant qui vous emmène à son château sur la colline. Le soir, dans votre lit, vous fermiez les yeux et vous aviez une foi immense en ce rêve. Le Père Noël, la petite souris, le prince charmant, ils étaient si proches qu’on les sentait. Mais finalement, on grandit. Un jour, on ouvre les yeux et le conte de fées disparaît. Généralement on se tourne vers des gens de confiance. Mais le fait est que c’est difficile d’oublier complètement le conte de fées. Presque tout le monde garde une minuscule part d’espoir, de foi en se disant qu’un jour il ouvrira les yeux et le rêve sera réalité.
Voix off : En fin de compte, la foi est une chose très particulière. Elle se révèle quand on ne s’y attend pas. C’est comme le jour où on réalise que les contes de fées peuvent être légèrement différents de nos rêves. Le château peut ne pas être un château. Et ce n’est pas si important de vivre heureux pour toujours. Ce qui compte, c’est d’être heureux maintenant. De temps en temps, même si c’est rare, les gens nous surprennent. Et une fois de temps en temps, certaines personnes peuvent vous couper le souffle.
Who's zoomin' who ?
Voix off : En science, on ne peut pas cacher de secrets. La médecine a sa façon bien à elle de révéler les mensonges. Etre les murs de l’hôpital, la vérité est souvent nue. Comment on garde ses secrets en dehors de l’hôpital, ça, c’est un peu différent. Une chose est sûre. Quoi qu’on essaie de cacher, on n’est jamais prêt pour le moment où la vérité se montre toute nue. C’est le problème avec les secrets. Comme les malheurs, ils n’arrivent jamais seuls. Ils s’accumulent jusqu’à ce qu’ils éclipsent tout le reste… jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de place pour autre chose, jusqu’à ce que l’on soit si chargé de secrets que l’on se sente prêt à exploser.
Voix off : Ce que les gens oublient, c’est à quel point on se sent bien quand enfin, les secrets sont révélés. Et quand vos secrets sont enfin dévoilés, vous n’avez plus à vous cacher derrière eux. Le problème avec les secrets, c’est que lorsqu’on croit tout contrôler, on a tort.
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